| ENGLISH | ||||||
| ÉGLISE SYRIENNE D’ANTIOCHE De sa naissance jusqu’à nos jours… Antioche "Reine de l’Orient" L’ Eglise syrienne d’Antioche prend son nom de la ville d’Antioche qui, après la conquête romaine, devint la capitale de la Syrie impériale et fut appelée "Reine de l’Orient". C’est là que s’est formée une des premières communautés de chrétiens (cf. Ac 11, 19-26) et que pour la première fois, les disciples du Christ furent appelés "Chrétiens" (Ac 11, 26) . Les Apôtres Pierre et Paul Séjournèrent dans cette ville cosmopolite, qui offrit aux disciples de Jésus un milieu favorable à leur expansion. Après la destruction de Jérusalem en l’an 70 après Jésus-Christ, Antioche est restée la seule Métropole de la chrétienté en Orient et a exercée sa juridiction sur la Syrie, la Phénicie, l’Arabie, la Palestine, la Cilicie, Chypre et la Mésopotamie. L’Eglise d’Antioche a eu dès le début un fort esprit missionnaire. On lui doit l’évangélisation de la Mésopotamie et de l’Empire perse, auquel cette région fut presque totalement annexée à partir de l’an 363 après Jésus-Christ. Au milieu du IVème siècle, la ville comptait 100.000 fidèles. L’araméen était alors la langue la plus parlée dans cette région et elle est encore utilisée par les chrétiens du Nord de l’Iraq, spécialement dans la région de Ninive. Lorsque Constantinople devint la capitale de l’Empire romain, Antioche perdit beaucoup de son importance. Cependant elle connut une nouvelle splendeur sous la domination arabe (VII – VIII ème siècle). Ses missionnaires se rendirent alors en Asie Centrale, en Inde, au Tibet, en Chine, en Mandchourie et à Java. Les débuts de l’Eglise Syrienne d’Antioche L’ antagonisme séculier entre l’Empire romain et l’Empire perse aboutit à la scission de l’Eglise d’Antioche : L’Eglise Syrienne Occidentale, c’est-à-dire à l’Ouest de l’Euphrate (Turquie, Syrie, Liban et Palestine) L’Eglise Syrienne Orientale, c’est-à-dire à l’Est de l’Euphrate (Mésopotamie, Perse, Inde). En 410 après JC, le Concile de Séleucie – Ctésiphon reconnut l’autonomie de l’Eglise Syrienne Orientale qui, par la suite, adopta le Nestorianisme. La Syrie fut aussi le champ de bataille de controverses christologiques qui sont à l’origine de la division religieuse en Orient. En effet, le Concile œcuménique de Calcédoine (451) condamna le monophysisme (qui ne reconnaissait qu’une seule nature dans le Christ) et proclama la doctrine officielle de l’Eglise catholique, à savoir : la présence de deux natures, divine et humaine, en l’unique Personne du Christ. La majorité de la population syrienne refusa les décisions conciliaires, en raison probablement de divergences relevant de la terminologie plus que de la théologie et elle se sépara de l’Eglise catholique. Toutefois cette séparation ne fut pas immédiate. Elle ne fut consommée qu’à partir du second Concile de Constantinople, en 553, à la suite duquel le pouvoir impérial byzantin fit pression sur les monophysites insoumis. C’est alors qu’apparut la figure charismatique du moine syrien Jacques Baradaï, qui arbora le drapeau du nationalisme religieux. Sacré évêque, en secret, par le Patriarche d’Alexandrie en exil, Jacques se fit l’organisateur de l’Eglise monophysite, appelée aussi, en son honneur "Jacobite". Cependant toute la Syrie ne se rallia pas à la nouvelle Eglise. La société plus cultivée et hellénisée se soumit sans problèmes aux décisions du Concile de Calcédoine, ce qui lui valut le nom de "Melchite" (de "melek" : roi), c’est-à-dire , partisane de l’empereur byzantin. La conquête musulmane de 636 ne fit que consacrer cette division. A partir de cette date, l’Eglise Syrienne, soucieuse de conserver son identité, se replia davantage sur elle-même, se regroupant autour de ses évêques. Aussi l’élan missionnaire de l’Eglise et le nombre des fidèles se mit à décroître. L’Eglise syrienne catholique Les catholiques de rite syrien sont, à l’origine, des Jacobites passés à l’union avec Rome, à partir du XVIIème siècle, tout en conservant leur langue, leur rite et leur propre législation ecclésiastique. Ils constituent une Eglise à part, avec sa hiérarchie, sous l’autorité d’un Patriarche. Au cours des siècles passés, diverses tentatives d’union ont été faites, notamment à l’époque des croisades. Au cours des XIIIème et XIVème siècle, les Papes envoyèrent des missionnaires dominicains et franciscains, en vue de sceller l’union des deux Eglises. Les résultats furent limités. Un projet d’union fut présenté au Concile de Lyon en 1245 et une union éphémère fut réalisée en 1444, suite au Concile de Florence de 1439. Ce n’est qu’au XVIIème siècle que la volonté d’union aboutit à la formation de l’Eglise Syrienne Catholique. En effet, vers le milieu du siècle, les missionnaires Capucins et Jésuites réussirent à ramener à Rome la majorité des Jacobites d’Alep, si bien qu’en 1656 le premier Evêque Syrien Catholique de cette ville, André Akhijan, qui, plus tard, en 1662, sera reconnu par la Sublime Porte Turque, comme Patriarche Catholique d’Antioche. Cependant les Syriens Orthodoxes pour parer à ce mouvement de conversions, eurent recours au bras séculier turc et, tout au long du XVIIIème siècle, persécutèrent durement les Syriens Catholiques. Les violences exercées contre ces derniers furent telles que leur petite Eglise manqua de disparaître et resta, du reste, sans Patriarche de 1706 à 1782. Au cours de cette période, le Métropolite Mikhael Jarweh, Archevêque Syrien Orthodoxe d’Alep (Syrie), se convertit au catholicisme. En 1782, le Saint Synode de l’Eglise Syrienne Orthodoxe l’élit comme Patriarche. Peu après son intronisation, il se déclara catholique. Il se fit reconnaître comme Patriarche de tous les Syriens et demanda à Rome confirmation de sa charge. En 1783, l’Eglise Syrienne Catholique a donc été constituée par le retour à la communion avec Rome d’une partie de l’Eglise Syrienne Orthodoxe (ex Jacobite). Entre-temps, les orthodoxes réagirent et élirent un nouveau Patriarche dans leur camp, qui fut aussitôt confirmé par la Sublime Porte. Face à ce changement inattendu, le Patriarche Jarweh s’enfuit précipitamment à Bagdad et de là gagna la montagne libanaise où il s’installa en 1801, au Nord de Beyrouth, dans le monastère de Charfet, célèbre pour sa bibliothèque où sont conservés plus de 3.000 manuscrits syriaques et arabes. Après le Patriarche Jarweh, il y eut une série ininterrompue de Patriarches catholiques. En 1830, le Gouvernement turc approuva la séparation civile et religieuse entre les deux Eglises sœurs ; mais ce n’est qu’en 1843 que le Patriarche Syrien Catholique a été reconnu par le Sultan turc comme le chef civil de sa communauté. En 1831, le Patriarche Pedro Jarweh transféra sa résidence de Charfet (Liban) à Alep (Syrie). En 1851, suite à un soulèvement populaire des musulmans de cette ville contre les chrétiens, le siège patriarcal fut établi à Mardin où vivait une importante communauté syrienne. En 1920, il se fixa de nouveau à Charfet, où il se trouve actuellement en été et à Beyrouth, en hiver. Les tribulations de l’Eglise Syrienne d’Antioche Les années les plus cruciales furent celles de la première guerre mondiale. En 1915, à Tur Abdin, environ 200.000 chrétiens furent assaillis par des bandes de Kurdes fanatisés par la proclamation de la Guerre Sainte. Un tiers d’entre eux périrent massacrés. Les survivants se réfugièrent en Syrie, au Liban et en Irak. Depuis lors le centre de gravité de l’Eglise Syrienne se déplaça des régions turques de Tur Abdin, Mardin et Nisibis aux pays arables limitrophes. Il ne resta à Tur Abdin que 15.000 fidèles. Le Saint-Père nous a encouragés à entamer le procès de béatification de nos martyrs de 1914-1918. Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient L’Église Syrienne d’Antioche, comme toutes les Églises Orientales, est de structure patriarcale. Son chef suprême porte le titre de "Patriarche d'Antioche, la ville de Dieu et de tout l'Orient". Il est l’héritier direct et légitime de l’Église Apostolique d’Antioche, régie par le premier évêque martyr, saint Ignace. C’est pourquoi les Patriarches font précéder leur nom de celui d’Ignace, en signe de continuité apostolique. Sa juridiction s’étend à tous les fidèles de rite syrien catholique du Moyen-Orient et dans la diaspora. Le Patriarche actuel est Sa Béatitude Ignace Pierre VIII ABDEL AHAD. Il est né en 1930 et a été élu en 2001. Il réside à Beyrouth au Liban depuis le 25 février 2001. Extension de l’Eglise Syrienne d’Antioche Les Syriens Catholiques sont aujourd’hui environ 150.000 dans le monde. Ils vivent principalement en Irak (42.000), en Syrie (26.000) et 55.000 d’entre eux vivent dans la diaspora. L’Église Syrienne d’Antioche couvre tous les territoires de la Turquie actuelle, de la Syrie, du Liban, de la Palestine, de l’Irak, de l’Egypte et du Soudan. Elle est constituée des Eparchies et Exarchats suivants : 1. L’Eparchie Patriarcale au Liban, qui a son siège à Beyrouth et qui s’étend à tout le Liban ; 2. Les quatre Eparchies de Syrie dont les sièges sont à Damas, Homs, Alep et Hassaké, qui sont de jeunes Eparchies très vivantes; 3. Les deux Eparchies de l’Irak, dont les sièges sont respectivement à Bagdad et Mossoul et qui comprennent une bonne partie de nos fidèles ; 4. L’Exarchat Patriarcal de Bassorah et du Golfe ; 5. L’Eparchie du Caire, qui s’étend à toute l’Egypte et à laquelle se rattache l’Exarchat Patriarcal au Soudan ; 6. L’Exarchat Patriarcal de Jérusalem et Terre Sainte, qui couvre la Jordanie et la Palestine ; 7. L’exarchat Patriarcal de Turquie, qui a son siège à Istanbul. A la suite des guerres et des situations instables, nos fidèles ont émigré un peu partout dans le monde, en particulier aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, au Venezuela, en Australie et aussi en Europe. En 1996 une Éparchie Syrienne Catholique a été fondée aux Etats-Unis. Ainsi, en dehors du territoire Patriarcal, nous avons les formations suivantes : 1. L’Éparchie "Notre-Dame de la Délivrance" qui couvre les États-Unis et le Canada ; 2. L’Exarchat Pontifical au Venezuela où de nombreuses familles se sont établies, en particulier à Maracay ; 3. La Mission Syrienne Catholique du Brésil à Belo Horizonte ; 4. La Mission Syrienne Catholique d’Australie, ouverte dans les années 85 et en plein essor. 5. La Mission Syrienne Catholique de France à Paris, fondée au début du siècle, qui sert les familles installées en France. 6. La Procure Patriarcale près le Saint-Siège à Rome, fondée dès le début du siècle. Elle s’occupe des relations avec la Congrégation pour les Eglises Orientales et suit les séminaristes qui font leurs études à Rome, en servant les familles syriennes installées à Rome. |
||||||