Manifeste pour
la renaissance et le rayonnement
de la langue syriaque


Nous assistons à une volonté de plus en plus présente de conserver et de promouvoir les identités culturelles et les langues régionales dans l’ensemble de l’occident, plus particulièrement en Europe. Les exemples en abonde, mentionnons entre autre: la volonté de défendre les minorités francophones du Canada, la volonté de préservé le Catalan, le basque et le galicien en Espagne, le Bretone, le Corse, le Franco-provencal en France, Le Gaéllique écossais et Galois en Grande-Bretagne, etc. Nous pensons que la Langue Syriaque ne doit pas faire exception. Cependant le refus des mouvements extrémistes séparatiste qui envisage une volonté de séparation de nos différents espaces culturelles sont à rejeter catégoriquement, notre but n’est pas d’œuvrer contre l’intégrité territoriales des Etats nations en place ni de lutter contre notre fort sentiment d’appartenance arabe, ou dans certain cas de toute autre culture, mais bien au contraire celui de défendre la diversité culturelle et la possibilité d’appartenir à divers espaces culturelles. En effet, il n’y a la moindre contradiction à se sentir par exemple : Arabe, Syriaque, Egyptien, Canadien et Francophone en même temps et pleinement !

L'importance et le rôle de la culture Syriaque
La culture Syriaque a, du point de vue historique, joué un rôle capital dans la formation de la culture arabe comme des autres cultures pré-arabe du proche orient, la culture phénicienne, par exemple. La langue Syriaque possède, sans aucun doute, une vocation d'universalisme qui lui vient de ses origines ethniques et religieuse. N’oublions pas que c’était la langue que parlait Jésus-Christ et que le christianisme est destinée à l’ensemble du genre humain. La langue Syriaque a été une cellule culturelle primordiale dans le levant  au temps de sa splendeur, pensons au Roi Abjar d’ Édesse. Cette vitalité provenait des caractères spécifiques de la nation syriaque : plongeant ses racines aux commencement de l’histoire humaine de Mésopotamie et de la cote du croissant fertile. Elle a conserve un cachet particulier, reflet de sa conception du monde, jusqu'au moment où l’Arabe, par la force des choses, l'intégra totalement dans son orbite culturelle. N’oublions pas que jusqu’à la première moitié du XIX e siècle, le syriaque était encore la langue véhiculaire chez les maronites de la montagne libanaise. Ceci dit, nous ne sommes tout de même conscient, que de gré ou de force, la langue et la culture Arabe est devenue une partie de nous et que sa promotion, son usage et l’appartenance à l’arabisme - comme celle de l’appartenance à toute culture - peut et doit être considéré comme une appartenance à une richesse culturelle supplémentaire. 

L'effacement de la culture Syriaque
Il semble ne plus exister d'expression autonome de la culture Syriaque. Hormis dans quelques villages isolées du centre de la Syrie, le plus connu d’entre eux est, bien sûr, Mallula. Les syriaques, dont leur vitalité reste forte et l'originalité indéniable, semble dans leur majorité s'être résigné à s’aligner sur le modèle culturel arabe, et dans le cas des Syriaques de diaspora l’Anglais, le Français, le Suédois, ou tout autre langue. Cependant, il subsiste encore des traits Syriaques permanents et caractéristiques dans des domaines aussi variés que la liturgie ecclésiastique, les œuvres littéraires ou les arts.
Il faut cependant reconnaître que les expressions actuelles de la culture Syriaque ne sont plus que des vestiges incapables, dans la plupart des cas, d’être récité par notre jeunesse, pire encore ils sont perçu comme l’héritage   d’un rayonnement lointain. Une culture n'est vivante que si elle est maintenue, renouvelée et répandue. Or comment une culture peut être renouvelée si elle n’est pas enseignée à nos enfant et si l’on s’acharne à vouloir l’effacer de notre liturgie pour la remplacer par des prières liturgiques anglaises, qui soi disant conservent un certain rythme ou consonance syriaque et tout cela fait au nom d’une sacro-sainte volonté d’intégration. La culture Syriaque ne saurait marquer un repli sur nous-mêmes, c’est une défense obstiné mais réfléchie de notre conscience collective. Ce n’est point une volonté stérile de défendre un soi-disant « bon vieux temps » révolu ou encore une volonté de défendre des valeurs culturelles étroitement « isolationistes » ou pire encore « ghettoïque » comme certain on si souvent tendance à le décrire. Il ne saurait y avoir pour nous de grande ou de petites culture, seulement l'expression particulière d'une culture qui constitue le fond commun et le bien propre de toute personne qui s’identifie comme syriaque et qui est conscient que notre culture Syriaque avait su, en son temps glorieux, réaliser une prodigieuse et féconde synthèse de la spiritualité chrétienne.
La culture Syriaque n'est donc pas l'utilisation des miettes d'une soi-disante culture syriaque, qui ne serait que la culture étrangère. Elle est le retour à un esprit qui a été le nôtre depuis plusieurs millénaires et qui se trouve aujourd'hui menacé et dénaturé comme il ne l'avait encore jamais été au cours des âges.
Il faut bien comprendre, quelles que soient les considérations d’ordre sociale, que la culture Syriaque se trouvera, si elle devait être récitée en langue  étrangère, plus la culture Syriaque proprement dite.
Ce sera une « néo-culture » soi disant syriaque, mais qui en réalité est totalement renégate d'elle-même. Pas plus que l'opposition à l’adoption d’une langue étrangère n'est une opposition à notre vraie intégration, notre opposition à adopter exclusivement le français et l’Arabe dans la liturgie n'est point une opposition aux autres cultures non syriaque.
D'où ces affirmations:
1°- la culture Syriaque actuelle n'est plus en état de résister faces au danger d’un certain impérialisme culturel du milieu et de l’environnement dans lequel nous sommes.
2°- la culture syriaque ne peut résister et renaître, dans son originalité et son dynamisme, qu'en créant des écoles d’apprentissage du Syriaque.
3°- cette véritable « auto-reconquête » n'est possible qu'en tenant comptes des bases ethniques et des réalités culturelles indéniables, dont la liturgie est une des expressions les plus évidentes.
4°- une telle entreprise n'est possible qu'en plaçant à son service les personnalités les plus compétentes et les moyens de diffusion les plus modernes.
Un tel programme suppose une volonté politique à la fois de la hiérarchie ecclésiale mais aussi un appui significatif de chacun d’entre nous pour mener le combat. Cela s'appelle pour nous l’ " Araméisme  ". Il convient donc de le définir et donner la place qu’il lui revient.
Un tel projet peut et doit s'inscrire dans le cadre d'une Charte de défense et d'illustration de la langue et la Culture Syriaque. (CDIS)

Ce texte a été entièrement rédigé par le comité exécutif du club des jeunes syriaques catholiques, toute rediffusion est strictement interdite.